Photographie d’auteur, affiche typographique et matières brutes : comment donner du caractère à un mur blanc

Mur blanc d'un appartement ancien avec un portrait photographique en noir et blanc, un petit herbier encadré et une affiche typographique rouge et noire, au-dessus d'une console en bois brut

Un mur fraîchement repeint renvoie bien la lumière et agrandit la pièce. Mais tant qu’il reste nu, on a un peu l’impression d’attendre chez le dentiste. L’excès inverse existe aussi : une vingtaine de cadres achetés au fil des vide-greniers, accrochés sans plan, et l’œil ne sait plus où se poser. Les intérieurs qui vieillissent bien mélangent souvent une photographie, une affiche où la lettre fait le dessin, et un peu de végétal ou de matière brute autour.

Pierre, fleurs séchées et cadres : ce qu’on voit dans les rénovations parisiennes

Dans les appartements haussmanniens ou les anciens ateliers d’artisans, les architectes d’intérieur commencent rarement par les bibelots. Ils regardent d’abord le mur. Sur une cloison claire ou un enduit à la chaux, un grand tirage sur toile ou sous verre fait plus d’effet qu’un meuble bas posé là pour combler le vide.

Le cadre gagne à avoir un peu de végétal à côté : un bouquet de fleurs séchées, des branches d’eucalyptus ou d’immortelles dans un pichet, sur une console en bois brut. Marie Claire Maison avait consacré un article à une entreprise parisienne spécialisée dans une rénovation d’intérieur à la fois musclée et élégante, qui confiait la décoration florale de ses chantiers à Mandarine & Capucine, le bar à fleurs séchées de la rue d’Aboukir. Des finitions soignées, peu d’objets, et des fleurs pour terminer la pièce.

Accrocher une photographie à hauteur d’yeux, comme en galerie

L’erreur la plus courante, c’est d’accrocher trop haut, à vingt centimètres du plafond. Dans les galeries, le centre de l’image tombe en général autour d’un mètre cinquante du sol, à peu près à hauteur des yeux d’une personne debout. Au-dessus d’un canapé ou d’une console, on descend un peu : une vingtaine de centimètres entre le haut du meuble et le bas du cadre suffit.

Pour le sujet, un paysage lisse de carte postale lasse vite. Une image qui garde du grain, des ombres franches, ou qui colle de près à son sujet tient mieux dans le temps. À l’automne 2013, la photographe Émilie Hallard avait accroché sa série Animal triste, présentée par L’Œil de la Photographie, sur le mur blanc du bar de l’Espace B, une salle de concert du 19e arrondissement. Quelques tirages sur un mur de bar, et la pièce n’était plus la même. C’est ce genre d’images que nous cherchons pour nos toiles imprimées de photographies originales : des photos capables de tenir un mur seules.

L’affiche typographique, héritée des affiches de concert

L’autre grand classique, c’est l’affiche où le texte fait tout le travail. Il y a un siècle, les affiches de boxe américaines étaient composées en gros caractères de bois, étroits et serrés. Les sérigraphies de la scène rock indépendante ont repris le principe. Sur un mur de salon, des lettres bien composées structurent l’espace autant qu’un dessin.

Un bon exemple : l’affiche de concert en Champion Gothic archivée sur Fonts In Use, dessinée par le graphiste Michael Sallit pour un concert de Lingua Ignota à l’Espace B, en octobre 2019. Deux couleurs, des capitales étroites en plusieurs largeurs, aucune illustration. La Champion Gothic, dessinée par Jonathan Hoefler en 1990, reprend justement ces gothiques condensées des vieilles affiches de boxe. Ceux qui préfèrent le mot griffonné à la lettre composée iront plutôt du côté de Basquiat, qui mêlait écriture et peinture sur la même toile. C’est l’esprit de cette vision de Paris à la Basquiat, entre chaos et icônes, où la tour Eiffel se perd au milieu des symboles. À côté d’un tirage photo plus calme, ce genre de toile réveille un canapé uni et donne de la hauteur au mur.

Dans la cuisine ou la salle à manger, ne pas oublier les murs

On soigne souvent les murs du séjour et on oublie ceux de la cuisine ou du coin repas, qui restent nus entre deux placards hauts. C’est pourtant là que les cadres rétro, les affiches d’épicerie italienne et les clins d’œil à la table trouvent le plus naturellement leur place.

Une cuisine se décore aussi par ce qui reste à portée de main sur les étagères : un huilier en céramique peint, une boîte à pâtes en métal, un pot en verre avec son couvercle ciselé. Maison Créative en avait fait une sélection pour la journée de la cuisine italienne, avec ces objets et ustensiles de la cuisine italienne qu’on laisse volontiers en vue. Au-dessus de la table en bois, on peut accrocher une toile comme Mangia Bene, Ridi Spesso, Ama Molto : le vieux dicton en lettres rouge terracotta sur fond ivoire, entouré de tomates, d’ail et de basilic dessinés comme dans un livre de cuisine ancien.

Pour d’autres idées dans le même esprit, la collection de cadres et tableaux muraux vintage rassemble des scènes rétro aux couleurs chaudes, de quoi donner à une cuisine d’appartement un petit air de trattoria.

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